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Division du CNJ- Mali Quand la politique et le régionalisme s’en mêlent !

Depuis la tenue du rocambolesque congrès de Tombouctou, les  jeunes du Mali, qui étaient regroupés au sein d’un seul Conseil national, sont divisés entre deux tendances. En effet, destiné à choisir un successeur à Siriman Traoré frappé par la limite d’âge et dont le mandat arrivait  à terme, le congrès a malheureusement accouché de deux bureaux parallèles. Depuis, la jeunesse du Mali ne dit plus le même langage et se trouve divisée en deux tendances dont l’une est dirigée par Abdoulaye Touré dit Blo et l’autre par  Alioune Gueye, et  chacun se réclame président légitime du CNJ. Ce bicéphalisme n’augure pas une union au sein de l’organisation juvénile qui serait sous-tendu par des interférences politiques et des clivages ethnico- régionalistes de certains hauts cadres de l’Etat.



L’unité et la cohésion  qu’incarnait la jeunesse du Mali se sont volatilisées et nous assistons aujourd’hui à la division des jeunes. Cette division de la jeunesse  serait dûe à trois personnes dont les noms sont de plus en plus prononcés sur les lèvres. Il s’agit de Drissa Guindo, directeur national de la jeunesse, de Maharafa Traoré, ministre de la justice et Garde des Sceaux et de  Hamane Niang, ministre de la jeunesse et des Sports. Au regard des tractations qui se menaient, le congrès de Tombouctou avait été qualifié par bon nombre d’observateurs comme celui de tous les dangers pour l’organisation juvénile. Et pour cause, certains hauts cadres de l’Etat, en voulant contrôler le CNJ- Mali dans le dessein de se faire une base lors des prochaines élections, auraient tenté de dicter ou d’imposer leur candidat à l’ensemble de la jeunesse du Mali.

Parmi ces cadres, figurerait Mr Maharafa Traoré, ministre de la justice, qui aurait usé de tous les moyens pour imposer son chargé de mission à la tête du CNJ- Mali. Aidé en cela par le directeur national de la jeunesse Mr Drissa Guindo et le ministre Hamane Niang, pour n’avoir pas  joué son rôle,  le tout puissant ministre de la justice Maharafa Traoré et non moins secrétaire général du Parti pour le parti pour le développement économique et la solidarité (PDES), au sortir du congrès de Tombouctou, a en partie atteint ses objectifs. Car nonobstant la présence de deux bureaux parallèles, celui dirigé par son protégé et non moins chargé de mission est reconnu comme le bureau légitime mis en place. Le congrès ayant été tenu dans une zone où il est originaire, tous les participants sont unanimes que les assises ont été entachées d’interférences politiques et des clivages ethnico- régionalistes.

Car, selon les informations reçues, Maharafa aurait intervenu auprès des ressortissants influents du Nord mali ainsi qu’auprès de ses camarades du PDES pour assouvir ses besoins. De nombreux jeunes originaires du Nord Mali ont été contactés par le ministre Maharafa Traoré pour appuyer Mohamed  Arby, directeur de campagne de Abdoulaye Touré dit Blo. Mieux, les alliés de Blo se seraient investis à convaincre les leaders  de la jeunesse du Nord à soutenir leur candidat, originaire de cette même partie du pays.

En outre, la configuration des deux bureaux mis en place lors des assises de Tombouctou est suffisamment révélatrice.

Le bureau dirigé  par Abdoulaye Touré dit Blo, chargé de mission du tout puissant ministre de la justice, est soutenu par les régions du Nord à savoir Mopti, Gao, Tombouctou et Kidal.

Celui dirigé  par Alioune Gueye (les mécontents qui ont été empêchés d’accéder à la salle et qui se sont retirés à l’hôtel  Bouctou pour tenir les assises parallèles), est soutenu par les régions de Kayes, de Ségou, de Koulikoro, de Sikasso et des communes I, II, III et V du district de Bamako. Toutes choses qui dénotent une dangereuse infiltration ethnico- régionaliste jamais vue dans notre pays.

Depuis le  congrès de Tombouctou, chaque camp enchaîne avec des conférences de presse, des meetings d’information et des rencontres d’échanges avec ses partisans. Ayant pris partie en faveur de Abdoulaye Touré dit Blo, nos plus hautes autorités, selon les informations, restent réfractaires à toute  demande d’audience du camp dirigé par Alioune Gueye.

Les pouvoirs publics sont interpellés à prendre sans délai les mesures d’apaisement nécessaire pour une jeunesse réconciliée et structurellement unie au-delà des appartenances politiques ou sociales.

Moussa Diarra

Le National 11/02/2011

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